Orelsan ou quand la censure protège les droits de l'Homme

Orelsan fait toujours autant parler de lui dans l'actualité. Rappelons que nous avions écrit précédemment un article au sujet de sa chanson "sale pute".
Dans un article du Figaro.fr du 7 juillet 2009, on peut lire des réactions de malaise face aux textes du rappeur Orelsan qui a été privé des Francofolies. On peut lire par exemple : «Je n'avais jamais lu de propos aussi injurieux et violents à l'encontre des femmes.» de B XL.
A l'opposé, dans un autre article posté sur Le post, l'auteur considère que le fait pour la mairie de Paris de censurer Orelsan dans ses bibliothèques municipales constitue un acte digne du FN. L'auteur de continuer dans son argument principal :" Parce que par principe, la censure est insupportable. (...)Faut-il encore rappeler que dans notre système de droit, la norme, c'est la liberté? D'abord et avant tout la liberté?" et de finir :" le sujet du jour n'est pas: "Orelsan est-il homophobe, misogyne, etc. Le sujet du jour est: peut-on censurer comme ça nous chante quand on est élu."
Rapellons ici de quoi on parle. Dans sa chanson "Saint Valentin", Orelsan dit "(Mais ferme ta gueule) ou tu vas t'faire marie-trintigner" puis "Tu seras ma petite chienne et je serai ton gentil maître", dans celle appelée "pour le pire", il dit : "J'ai l'intention de te faire tiser (tiser) Jusqu'à ce que tu veuilles bien dormir chez moi" ou "je te quitterai dès que je trouve une chienne avec un meilleur pédigrée" ou encore dans la chanson "différent", il dit : "J'finirais par acheter ma femme en Malaisie", ou encore : "J'peux t'faire un enfant et te casser l'nez sur un coup de tête" et si cela ne vous suffit pas, allez lire les paroles de "sale pute" qui ne sont pas sur l'album, mais qu'on trouve sans difficulté sur internet.
Alors que les propos tenus dans les textes de l'album d'Orelsan constituent, au minimum, une atteinte à la dignité des femmes, au pire des incitations à la haine et à la violence, on peut se demander si on oserait se poser de telles questions s'il s'agissait de propos racistes ! ... car oui c'est bien de cela qu'il s'agit ici : les droits de l'Homme ! Et bien que le chanteur ait une facheuse tendance à comparer la femme à un animal, il est indéniable que la femme est un être humain qui doit être protégé par les droits de l'Homme dans son intégrité et sa dignité.
Dans une société où les violences faites aux femmes sont bien trop banales et courantes, où une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son conjoint, la question de la censure d'Orelsan est évidemment liée au contenu de ses textes. On ne peut accepter qu'un chanteur incite, d'une telle manière, à atteindre à la dignité et à l'intégrité des femmes alors qu'on connaît l'impact que les propos d'un artiste peuvent avoir sur les jeunes générations.
Quant à l'argument de la liberté, je ne peux m'empêcher de penser à la définition de la liberté. La liberté est elle le droit de faire n'importe quoi ? La liberté est-elle celle de toucher aux droits de l'Homme des autres ? Non, je ne le crois pas : si la liberté est un droit, il s'agit aussi d'une responsabilité : celle de respecter les libertés des autres et notamment celles des femmes.
Alors que la secrétaire d'État à la solidarité Valérie Létard, Nouveau centre, a soutenu les associations qui souhaitent porter plainte contre le rappeur, les jeunes centristes du 94 et le pôle relations internationales et droits de l'Homme des jeunes centristes espèrent que cette plainte aboutira à une décision de justice en faveur de la dignité des femmes et considèrent qu'il est du rôle de la société dans son ensemble et notamment des élus de protéger les droits de l'Homme dans leurs collectivités locales en attendant la décision des juges.